Je viens de trouver ça, et je ne peux pas m'empêcher de le faire partager.
Plus j'y pense, et plus je ressens l'enjeu d'un tel événement. C'est pas compliqué. Opposé à l'extrême difficulté de remettre en question mon roomate mormon et très républicain, il y a cette échéance et cette possibilité de changer. Simplement. En France, pas de quoi s'exciter pour la Droite, la Gauche, le Centre. Ici, il s'agit juste de rééquilibrer enfin la balance d'une nation qui a ses richesses mais qui est encore trop tournée vers elle-même. Une nation qui, dans sa tradition, ignore purement et simplement le reste du monde, la vie sociale, l'environnement, les valeurs basiques d'une société saine. Des erreurs de jeunesse.
Et mon argument fétiche : qu'en sera t-il du racisme aux USA quand, dans 1 mois, 1 ans, 10 ans, un enfant pourra naître et grandir dans un pays représenté par un Noir ?
Je vous le dis: parfois, l'humanité réserve de belles surprises.
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mardi 21 octobre 2008
lundi 13 octobre 2008
Confessions nocturnes
J'ai lu quelque part que la nuit était propice aux révélations. Cioran, surement. Pas une ultime référence.
Bref.
3h57, l'omniprésence de l'air conditionné créé un réel micro-climat de ma chambre (un jour glacial, un jour torride - torride pour ce soir), ainsi que mon rythme "un peu" irrégulier de sommeil m'amènent à la conclusion suivante : j'arrive pas à dormir.
Plus sérieusement, on dirait pas mais je suis à la moitié de mon séjour. Enfin, pas vraiment, mais à la moitié de mon semestre de cours. L'occasion de bien me booster pour être nostalgique dans quelques mois des instants que je n'ai pas encore vécu.
Bref.
J'ai du mal à dormir ce soir, mais j'ai de quoi m'occuper. Mentalement. Clairement, la motivation, l'ambition, la compétition, la confiance en soi - si pas trop développée - restent des exemples des bons points de la façon de pensée américaine. Mais il y a un revers à la médaille. Jour après jour, je sens une pression assez inouïe concernant les cours. Et être dans la fac qu'on surnomme "L'Harvard du Midwest" n'aide pas les choses. Vraiment, tous les jours je pense à ce sentiment de se battre contre le temps qui passe. Si en Europe on est bloqués par notre hésitation, notre crainte, notre doute, ici, chaque individu risque l'overdose.
Je reste surpris de voir qu'ici, tout le monde ne prend pas les choses comme moi. Certains de mes collocataires, où d'autres que je connais ont le temps de glander, de regarder la TV, des films, d'aller faire du sport. Il peut s'agir de mes cours, et de mon niveau. Mais je crois qu'il s'agit aussi d'adaptation.
Les dernières semaines, ce sentiment avait été atténué pour la bonne et simple raison que j'avais mis de côté quelques lectures normalement demandées pour les cours. Malheureusement, ces 4 derniers jours, sensés être des vacances, ont été l'occasion de me remettre à jour et de me remettre... dans la course. La course contre la montre.
Par exemple, entre les lectures à préparer et celles à rattraper, j'avais pas moins de 156 pages à lire pendant ce "break". Défi loin d'être relevé : j'ai lu environ 120 pages et je dois revenir pour quelques prises de notes sur 25 d'entre-elles. Et, Dieu, merci, pas de rédaction ou test à préparer pour demain. Il n'empêche que c'est suffisant pour me "faire du souci" (comme on dit dans mon département d'origine), ne serait-ce qu'en pensant à mes lectures de cette semaine que je ne saurai surement finir, mon test d'une des matières la semaine suivante, la petite surprise en lien avec mon activité journalistique cette même semaine, et les gros boulots (indiv ou en groupe, oraux et écrits) qui viendront peaufiner la longue série de travaux demandés.
C'est aussi l'illustration du système américain. Tout pendant qu'on est dans la course (études, surtout s'ils sont d'un bon niveau ; travail avec poste important), il y a cette rigueur extrême, ce "boost" permanent. Toujours faire plus. Mais dès qu'on lâche, le "rêve américain" n'est plus qu'un lointain souvenir. On peut perdre du jour au lendemain, ici. Je ne peux m'empêcher de penser au cliché du caissier de Mc Do. Mais Walmart marcherait aussi.
Du coup, alors que mes confrères de l'Hexagone ou d'Europe, apparemment bien moins stressés que moi, ont passé un week-end à ce qui parait génial à Chicago, je suis resté ici...... Bon, il faut dire qu'on a un peu foiré nos plans avec quelques amis et qu'on avait aussi prévu d'y aller. Mais de toute façon, si nos plans avaient marchés, je serais dans d'encore plus beaux draps !
Pas le temps de voyager, mais aussi pas trop le temps de profiter, de parler autant que je voudrais, de regarder ce qu'est la TV américaine, de visiter la ville - aussi petite qu'elle puisse paraitre sur Google Maps -, de regarder ne serait-ce qu'un seul épisode de cette série pourtant si extraordinaire qu'est The Wire...
Et surtout, pas le temps de vous raconter tout ce que je vois, tout ce que je vis, tout ce que j'esquisse dans ma tête, et parfois, tout ce que je comprends. Je dis à mes quelques amis qui m'écrivent que j'avoue écrire trop "épais" sur le blog, mais que je considère que si la vie est complexe, son expression doit l'être aussi. Mais je suis loin d'imaginer à quel point cela est vrai : j'ai tout simplement des milliers de choses à raconter. Mon petit journal que je tiens tous les jours regorge de faits ou de réflexions qui mériteraient des paragraphes entiers. Mon caméscope est rempli, et je n'ai pas de temps de monter ne serait-ce qu'une vidéo. Et pourtant, je suis loin de l'utiliser tous les jours, le caméscope.
Le temps me compresse. Où est passé le calme et la tranquillité de vivre que tout le monde me prête, ici ?
Mais derrière ce tableau assez sombre, il faut voir ce qui explique qu'un système aussi agressif compte encore des adeptes. C'est tout simplement que tout a une autre dimension aux US. Si l'activité, le boulot, les études, prennent tous le temps et l'énergie, les relations, en particulier, suivent le pas. Ce que je veux dire, c'est que les gens semblent être plus proches les uns des autres - au moins dans le cadre des groupes d'amis proches. Et on ne perd pas de temps à attendre "de se connaitre" comme en Europe : ici, on sait dire aux gens qu'on les aime. Sans attendre. Et pour vivre ça jour après jour, je peux témoigner que j'ai déjà vu pire système. C'est le moins que je puisse dire. Et tout ça sans parler des nombreux internationaux tous plus incroyables les uns que les autres. Clairement, et quelqu'en soit le prix, de tels rencontres et de tels moments d'échanges ne demandent qu'à une chose : en vouloir plus.
Et voilà. Je suis bien devenu Américain.
Samuel
jeudi 2 octobre 2008
On continue dans la lancée
Hey hey hey.
Mon dernier message m'a fait penser à quelque chose. Je ne sais pas si certains ont eu le courage de lire dans son ensemble le lien vers la "Persuasion Plea" que j'ai rédigé il y a quelques semaines. Le fait est que ce type d'exercice, plutôt libre, est l'occasion de développer avec plus ou moins de détails des idées sur des sujets assez intéressants... En témoigne les nombreuses discussions qui se lancent autour de moi vis-à-vis des sujets que j'ai abordé (avec les profs, les camarades de classe, les français, entre autres). J'espère pouvoir pourquoi pas entamer de telles discussions avec vous aussi ; ça se fait très bien par mail. Pour ça, je suis bien sûr dispo. Et puis c'est aussi l'occasion pour vous de voir ce qu'on nous demande de faire ici, même si pour un travail de rédaction, la production final ne représente jamais vraiment ce qui a été demandé. Pour être un peu plus sûr de la qualité de ce que j'ai écris, je vais essayer de mettre uniquement les papiers qui ont reçu des bonnes notes.
Il y a donc (dans l'ordre chronologique de rédaction) :
- Un exercice d'application des règles du syllogisme, selon Aristote. Technique, mais intéressant à mon avis pour le coup d'œil (cours d'Argumentation).
- Le "Tradition paper", expliquant globalement ma conception de la communication, et plus précisément ma position dans les 7 grandes familles de tradition d'études de communication. Premier papier à rendre dans cette matière, c'était une occasion pour le prof de nous connaître un peu mieux autour de sa discipline (Communication Theory).
- Un texte libre, comptant pour un cinquième des points du premier test de Persuasion, le reste étant du QCM. Le tout était à préparer chez soi. Donc un petit texte, où l'objectif était de préparer une présentation de 20 minutes, introduisant à l'étude de la Persuasion des lycéens de terminale (équivalent aux US: "seniors high school students") (Communication Theory).
- L'interprétation de la "Persuasion Plea" (Persuasion).
- Une réflexion sur les techniques de persuasion utilisées par Michael Moore pour son film Bowling for Columbine : "Persuasion Film Response #1" (Persuasion).
L'absence de papiers pour le cours d'American Rhetorical Tradition est une façon de montrer qu'on n'y fait pas grand chose... (premier test mercredi prochain, quand même).
Pour le "Tradition paper" et la réflexion sur Bowling for Columbine, je n'ai pas encore reçu les notes. Quoi qu'il en soit, ces exercices sont l'occasion de développer des réflexions, et même si elles ne valent un 50/50 pour le professeur, ça reste l'occasion de commencer des discussions.
J'essaierai de donner les notes reçues pour ces exercices. Non pas pour "me la péter"... okay, disons, pas que pour... C'est d'abord l'occasion d'attester de la pertinence ou non de mes réflexions, même si, bien sûr, comme je le dis plus haut, j'écarterais mes mauvais papiers. Et c'est aussi l'occasion pour vous de voir un peu les particularités des notations US.
Par exemple, pour l'instant, j'ai fait trois des 15 "Journal Entry Paper" du semestre, pour le cours de Communication Theory. J'en ai reçu deux, notés 7/10, soit en dessous de la "moyenne" (dans le sens de ce qu'on est censé faire) pour la notation américaine. Mauvaises notes, donc j'attends de voir ce qu'a donné, par exemple, le document que j'ai rendu aujourd'hui, pour vous montrer ce qu'on me demande vraiment de faire. Dans le même genre, une dernière rédaction pour le cours d'Argumentation, où il fallait répondre à la question "What is the value of classical argumentation theory?" (différents sens dans la question, y ajouter aussi les particularités linguistiques du terme "value") a été pour moi assez laborieux, même si j'ai fini par m'en sortir. J'attends de voir ce que le prof en a pensé. Contrairement aux réflexions du cours de Persuasion, bâties autour de nos valeurs, de nos références; ici il est question de références précises, et même parfois techniques. Simplement, je ne suis pas sûr que ce que j'ai dit est historiquement exact ou que les notions auxquelles je fais référence sont bien interprétées.
Bien sûr, pour toute question de compréhension, de vocabulaire, toute remarque ou rectification, je me ferrai un plaisir de vous répondre.
Je crois que ce que je fais là est un peu bizarre mais si tu me connais, et encore plus si on a déjà eu des discussions un peu approfondies, il y a fort à parier qu'on ai déjà eu ce genre de réflexion, et je me doute bien que ces nouveaux sujets ont de quoi t'intéresser.
Si si.
Mon dernier message m'a fait penser à quelque chose. Je ne sais pas si certains ont eu le courage de lire dans son ensemble le lien vers la "Persuasion Plea" que j'ai rédigé il y a quelques semaines. Le fait est que ce type d'exercice, plutôt libre, est l'occasion de développer avec plus ou moins de détails des idées sur des sujets assez intéressants... En témoigne les nombreuses discussions qui se lancent autour de moi vis-à-vis des sujets que j'ai abordé (avec les profs, les camarades de classe, les français, entre autres). J'espère pouvoir pourquoi pas entamer de telles discussions avec vous aussi ; ça se fait très bien par mail. Pour ça, je suis bien sûr dispo. Et puis c'est aussi l'occasion pour vous de voir ce qu'on nous demande de faire ici, même si pour un travail de rédaction, la production final ne représente jamais vraiment ce qui a été demandé. Pour être un peu plus sûr de la qualité de ce que j'ai écris, je vais essayer de mettre uniquement les papiers qui ont reçu des bonnes notes.
Il y a donc (dans l'ordre chronologique de rédaction) :
- Un exercice d'application des règles du syllogisme, selon Aristote. Technique, mais intéressant à mon avis pour le coup d'œil (cours d'Argumentation).
- Le "Tradition paper", expliquant globalement ma conception de la communication, et plus précisément ma position dans les 7 grandes familles de tradition d'études de communication. Premier papier à rendre dans cette matière, c'était une occasion pour le prof de nous connaître un peu mieux autour de sa discipline (Communication Theory).
- Un texte libre, comptant pour un cinquième des points du premier test de Persuasion, le reste étant du QCM. Le tout était à préparer chez soi. Donc un petit texte, où l'objectif était de préparer une présentation de 20 minutes, introduisant à l'étude de la Persuasion des lycéens de terminale (équivalent aux US: "seniors high school students") (Communication Theory).
- L'interprétation de la "Persuasion Plea" (Persuasion).
- Une réflexion sur les techniques de persuasion utilisées par Michael Moore pour son film Bowling for Columbine : "Persuasion Film Response #1" (Persuasion).
L'absence de papiers pour le cours d'American Rhetorical Tradition est une façon de montrer qu'on n'y fait pas grand chose... (premier test mercredi prochain, quand même).
Pour le "Tradition paper" et la réflexion sur Bowling for Columbine, je n'ai pas encore reçu les notes. Quoi qu'il en soit, ces exercices sont l'occasion de développer des réflexions, et même si elles ne valent un 50/50 pour le professeur, ça reste l'occasion de commencer des discussions.
J'essaierai de donner les notes reçues pour ces exercices. Non pas pour "me la péter"... okay, disons, pas que pour... C'est d'abord l'occasion d'attester de la pertinence ou non de mes réflexions, même si, bien sûr, comme je le dis plus haut, j'écarterais mes mauvais papiers. Et c'est aussi l'occasion pour vous de voir un peu les particularités des notations US.
Par exemple, pour l'instant, j'ai fait trois des 15 "Journal Entry Paper" du semestre, pour le cours de Communication Theory. J'en ai reçu deux, notés 7/10, soit en dessous de la "moyenne" (dans le sens de ce qu'on est censé faire) pour la notation américaine. Mauvaises notes, donc j'attends de voir ce qu'a donné, par exemple, le document que j'ai rendu aujourd'hui, pour vous montrer ce qu'on me demande vraiment de faire. Dans le même genre, une dernière rédaction pour le cours d'Argumentation, où il fallait répondre à la question "What is the value of classical argumentation theory?" (différents sens dans la question, y ajouter aussi les particularités linguistiques du terme "value") a été pour moi assez laborieux, même si j'ai fini par m'en sortir. J'attends de voir ce que le prof en a pensé. Contrairement aux réflexions du cours de Persuasion, bâties autour de nos valeurs, de nos références; ici il est question de références précises, et même parfois techniques. Simplement, je ne suis pas sûr que ce que j'ai dit est historiquement exact ou que les notions auxquelles je fais référence sont bien interprétées.
Bien sûr, pour toute question de compréhension, de vocabulaire, toute remarque ou rectification, je me ferrai un plaisir de vous répondre.
Je crois que ce que je fais là est un peu bizarre mais si tu me connais, et encore plus si on a déjà eu des discussions un peu approfondies, il y a fort à parier qu'on ai déjà eu ce genre de réflexion, et je me doute bien que ces nouveaux sujets ont de quoi t'intéresser.
Si si.
dimanche 28 septembre 2008
Quand je serai grand, je serai Bee Gees
Bon.
C’est pas tellement que mes 16 heures de sommeil la nuit dernière me permettent d’être en avance niveau boulot, mais j’ai plein de trucs à raconter.
Justement, question boulot. Les cours sont toujours aussi intéressants, notamment en Persuasion Theory, où on a récemment vu et étudié le film de Michael Moore, Bowling for Columbine. C’était la première fois que j’étais confronté à des images du 11 septembre avec des américains, et le silence dans la salle, après les images, rappelle l’émotion qu’ils y prêtent. Quant aux images du massacre de l’école de Columbine en 1999, les larmes de certains élèves montrent bien que ce genre d’événement tragique est ancré dans la mémoire de tout un pays. Quoi qu’il en soit, nous avons discuté du film, précédant notre exercice de rédaction sur les techniques de persuasion utilisées par Moore pour nous convaincre de sa position.
Ce cours de Persuasion, animé par un jeune prof super enthousiaste et qui vit vraiment ses convictions, est propice à ce genre d’échange intellectuel riche. « Persuasion Plea » était un travail relativement libre où il nous fallait nous positionner vis-à-vis des grandes familles de techniques de persuasion (le trio « Pathos-Logos-Ethos » de Aristote), où encore évoquer des pratiques de persuasion qu’on peut rencontrer dans la vie de tous les jours, le tout sous forme de dissertation, de poème, d’expression libre… (Pour ceux qui veulent voir mon travail, j'y parle de la façon de penser européenne, de mon expérience, de mon père, d'Abd Al Malik et de The Wire, entre autres) Nous avons discuté en classe de quelques rédactions. J’ai été impressionné par la créativité de certains, par leur aisance artistique. Comme cette fille qui raconte au long de son poème son passé dans son école primaire ultra-catholique qui fondait une relation douloureuse entre l’individu et Dieu ; elle raconte son parcours et finit son œuvre par : « My heart is His and His is mine. » (« Mon coeur est le Sien et le Sien est le mien »). Plus j’y pense, plus je me dis que je ne trouverais pas ça, au moins pour le fond, en France. Et la fille en question est loin de ressembler à une jeune femme "vieille-école", comme on pourrait le croire. Vraiment impressionnant.
A part ça, globalement les cours se passent bien. Beaucoup de boulot, surtout ces deux dernières semaines où j’ai eu pas mal de travaux à rendre. De nombreuses discussions m’ont amené à comprendre que j’avais quand même plus de boulot, au moins au niveau « rédactions à rendre », que la plupart des étudiants, même si tout le monde, à Truman, trime pas mal. Quelqu’un m’a fait remarqué que pour des études en Communication, c’est pas étonnant qu’on soit amenés à s’exprimer si souvent. Pas bête, mais la logique est pas encore arrivée en France. Sinon, le fonctionnement général varie selon les cours. En Argumentation, nous lisons quelques œuvres majeures et plusieurs articles secondaires, des réflexions sur la notion d’argumentation. C’est technique, précis, plutôt lourd. Les lectures sont prolongées par les discussions en cours, bien nécessaires pour défricher le tas d’information. « American Rhetorical Tradition » (Traditions rhétoriques américaines) semble être l’exemple du cours plutôt cool. Ce n’est pas qu’on manque de boulot (à part les présentations orales à préparer au cours du semestre, pour chaque vendredi nous avons à lire un chapitre d’un manuel consacré aux Mouvements Sociaux), mais on discute beaucoup et, à côté des exposés lors de 2 des 3 cours de chaque semaine, on discute, le prof parle, notamment des sujets qu’il a étudié en tant que Docteur. Intéressant, ou plutôt, divertissant. Et en plus, il joue un peu, hum, beaucoup de son côté un peu fou, anti-conformiste. Sympa. En Communication Theory, avec le même prof que pour le cours d’Argumentation, nous étudions une théorie de communication à chaque cours, et là encore la théorie en question est à préparer avec le manuel avant le cours en question. Très méthodique, notre approche montre aussi que ce domaine universitaire, la Communication, est clairement mieux installé aux USA qu'en France. La catégorisation des théories, la systématisation de l’approche montre que tout cela est passé dans les notions « de base ». Intéressant. Je note cependant que les élèves de ce cours sont nettement moins à l’aise qu’en Argumentation, où certains montrent une maturité et une intelligence impressionnantes. Et ce, bien que les deux cours sont de « niveau 3 ». Tout comme mon cours de Tradition Rhétorique Américaine, d’ailleurs. Niveau 4 pour le cours de Persuasion. Ces cours sont d’un certain niveau, donc ; je suis entouré de 3ème ou 4ème année (junior ou senior), principalement. A cet âge, les étudiants habitent pour la plupart en dehors du campus, permettant d’économiser beaucoup d’argent (vivre dans les résidences de la fac est plutôt cher). Du coup, revers de la médaille, je vois rarement ces élèves en dehors des cours. Enfin, pour finir le tour: en Persuasion, nous avons aussi un manuel, mais cette fois-ci le prof prend pas mal d’aise vis-à-vis de celui-ci. Nous avons les chapitres du livre à lire, progressivement, mais il revient que sur certains points, et nous voyons en cours d’autres notions, d’autres théories. Sans parler des nombreuses discussions passionnantes et passionnées, ponctuées par un humour certain du prof... qui m'a d'ailleurs invité à un diner italien avec lui et sa femme.
Niveau rythme, les habitudes sont elles aussi plutôt installées. Cours de 10h30 à 14h20 le lundi, mercredi et vendredi. Du coup, je reste tranquille souvent entre la fin des cours et le repas, vers 18h, ces jours-là. Après le repas, je continue à trainer, avant de me mettre au boulot. S’il y a une grosse rédaction pour le surlendemain, c’est souvent là que je fais l'effort du premier jet d’écriture. En prenant mon temps, en faisant quelques pauses, il m’est déjà arrivé de travailler jusqu’à 3h du matin ou plus, ces jours-ci. Je me réveille en général vers midi le lendemain, vais déjeuner, reviens, me mets tranquillement au boulot, avance les différentes tâches calmement, vais diner vers 18h, reviens, finis mon boulot. Ces jours de veilles de cours, je finis en général de bosser entre 1 et 2h du matin, me couchant une heure plus tard.
J’ai récemment fait mes premiers rêves en anglais ! Pas étonnant quand c’est pendant une sieste et que les colocataires continuent de discuter autour de moi… D’ailleurs, ma relation avec mes roomates (même chambre) et suitemates (chambre reliée par la salle de bain) est vraiment très bonne, très chaleureuse. On passe vraiment du bon temps maintenant, je n’hésite plus à les taquiner franchement, même si eux continuent, chaque blague, à dire rapidement, « je rigole, je rigole ! », pour pas que je prenne le mal… Je suis agréablement surpris de trouver des relations aussi positives, sans ambigüités. C’est globalement le cas de toutes les relations que j’ai ici. Une cure de jouvence pour l’européen que je suis.
Le week-end dernier, les parents des étudiants étaient présents. Les événements comme celui-ci sont nombreux et avec une organisation très bien ficelée. Spectacles, diner, activités : tout roule comme sur des roulettes. Show d’un magicien dans la salle de spectacle de la fac, et bouquet final avec le match de foot américain de l’équipe de l’université. 49-0. Pour les autres. Oui, à Truman, tout marche bien, sauf l’équipe de foot.

Hier, voyage pour Columbia, à une heure et demi en voiture de notre fac. Ce n’est pas tant pour voir l’équipe de foot américain, nationalement connue et réputée. Non, juste pour le grand centre commercial, pour faire le plein d’habits pour l’hiver. Au final, je finis avec deux pantalons, un short, une paire de shoes et une casquette. Pas mal du tout.
Je suis le premier surpris, mais je crois que j’ai fait le tour de ce que j’avais en tête !
A bientôt, tenez moi au courant de tout ce qui vous arrive !
Je vous embrasse,
Sameul
C’est pas tellement que mes 16 heures de sommeil la nuit dernière me permettent d’être en avance niveau boulot, mais j’ai plein de trucs à raconter.
Justement, question boulot. Les cours sont toujours aussi intéressants, notamment en Persuasion Theory, où on a récemment vu et étudié le film de Michael Moore, Bowling for Columbine. C’était la première fois que j’étais confronté à des images du 11 septembre avec des américains, et le silence dans la salle, après les images, rappelle l’émotion qu’ils y prêtent. Quant aux images du massacre de l’école de Columbine en 1999, les larmes de certains élèves montrent bien que ce genre d’événement tragique est ancré dans la mémoire de tout un pays. Quoi qu’il en soit, nous avons discuté du film, précédant notre exercice de rédaction sur les techniques de persuasion utilisées par Moore pour nous convaincre de sa position.
Ce cours de Persuasion, animé par un jeune prof super enthousiaste et qui vit vraiment ses convictions, est propice à ce genre d’échange intellectuel riche. « Persuasion Plea » était un travail relativement libre où il nous fallait nous positionner vis-à-vis des grandes familles de techniques de persuasion (le trio « Pathos-Logos-Ethos » de Aristote), où encore évoquer des pratiques de persuasion qu’on peut rencontrer dans la vie de tous les jours, le tout sous forme de dissertation, de poème, d’expression libre… (Pour ceux qui veulent voir mon travail, j'y parle de la façon de penser européenne, de mon expérience, de mon père, d'Abd Al Malik et de The Wire, entre autres) Nous avons discuté en classe de quelques rédactions. J’ai été impressionné par la créativité de certains, par leur aisance artistique. Comme cette fille qui raconte au long de son poème son passé dans son école primaire ultra-catholique qui fondait une relation douloureuse entre l’individu et Dieu ; elle raconte son parcours et finit son œuvre par : « My heart is His and His is mine. » (« Mon coeur est le Sien et le Sien est le mien »). Plus j’y pense, plus je me dis que je ne trouverais pas ça, au moins pour le fond, en France. Et la fille en question est loin de ressembler à une jeune femme "vieille-école", comme on pourrait le croire. Vraiment impressionnant.
A part ça, globalement les cours se passent bien. Beaucoup de boulot, surtout ces deux dernières semaines où j’ai eu pas mal de travaux à rendre. De nombreuses discussions m’ont amené à comprendre que j’avais quand même plus de boulot, au moins au niveau « rédactions à rendre », que la plupart des étudiants, même si tout le monde, à Truman, trime pas mal. Quelqu’un m’a fait remarqué que pour des études en Communication, c’est pas étonnant qu’on soit amenés à s’exprimer si souvent. Pas bête, mais la logique est pas encore arrivée en France. Sinon, le fonctionnement général varie selon les cours. En Argumentation, nous lisons quelques œuvres majeures et plusieurs articles secondaires, des réflexions sur la notion d’argumentation. C’est technique, précis, plutôt lourd. Les lectures sont prolongées par les discussions en cours, bien nécessaires pour défricher le tas d’information. « American Rhetorical Tradition » (Traditions rhétoriques américaines) semble être l’exemple du cours plutôt cool. Ce n’est pas qu’on manque de boulot (à part les présentations orales à préparer au cours du semestre, pour chaque vendredi nous avons à lire un chapitre d’un manuel consacré aux Mouvements Sociaux), mais on discute beaucoup et, à côté des exposés lors de 2 des 3 cours de chaque semaine, on discute, le prof parle, notamment des sujets qu’il a étudié en tant que Docteur. Intéressant, ou plutôt, divertissant. Et en plus, il joue un peu, hum, beaucoup de son côté un peu fou, anti-conformiste. Sympa. En Communication Theory, avec le même prof que pour le cours d’Argumentation, nous étudions une théorie de communication à chaque cours, et là encore la théorie en question est à préparer avec le manuel avant le cours en question. Très méthodique, notre approche montre aussi que ce domaine universitaire, la Communication, est clairement mieux installé aux USA qu'en France. La catégorisation des théories, la systématisation de l’approche montre que tout cela est passé dans les notions « de base ». Intéressant. Je note cependant que les élèves de ce cours sont nettement moins à l’aise qu’en Argumentation, où certains montrent une maturité et une intelligence impressionnantes. Et ce, bien que les deux cours sont de « niveau 3 ». Tout comme mon cours de Tradition Rhétorique Américaine, d’ailleurs. Niveau 4 pour le cours de Persuasion. Ces cours sont d’un certain niveau, donc ; je suis entouré de 3ème ou 4ème année (junior ou senior), principalement. A cet âge, les étudiants habitent pour la plupart en dehors du campus, permettant d’économiser beaucoup d’argent (vivre dans les résidences de la fac est plutôt cher). Du coup, revers de la médaille, je vois rarement ces élèves en dehors des cours. Enfin, pour finir le tour: en Persuasion, nous avons aussi un manuel, mais cette fois-ci le prof prend pas mal d’aise vis-à-vis de celui-ci. Nous avons les chapitres du livre à lire, progressivement, mais il revient que sur certains points, et nous voyons en cours d’autres notions, d’autres théories. Sans parler des nombreuses discussions passionnantes et passionnées, ponctuées par un humour certain du prof... qui m'a d'ailleurs invité à un diner italien avec lui et sa femme.
Niveau rythme, les habitudes sont elles aussi plutôt installées. Cours de 10h30 à 14h20 le lundi, mercredi et vendredi. Du coup, je reste tranquille souvent entre la fin des cours et le repas, vers 18h, ces jours-là. Après le repas, je continue à trainer, avant de me mettre au boulot. S’il y a une grosse rédaction pour le surlendemain, c’est souvent là que je fais l'effort du premier jet d’écriture. En prenant mon temps, en faisant quelques pauses, il m’est déjà arrivé de travailler jusqu’à 3h du matin ou plus, ces jours-ci. Je me réveille en général vers midi le lendemain, vais déjeuner, reviens, me mets tranquillement au boulot, avance les différentes tâches calmement, vais diner vers 18h, reviens, finis mon boulot. Ces jours de veilles de cours, je finis en général de bosser entre 1 et 2h du matin, me couchant une heure plus tard.
J’ai récemment fait mes premiers rêves en anglais ! Pas étonnant quand c’est pendant une sieste et que les colocataires continuent de discuter autour de moi… D’ailleurs, ma relation avec mes roomates (même chambre) et suitemates (chambre reliée par la salle de bain) est vraiment très bonne, très chaleureuse. On passe vraiment du bon temps maintenant, je n’hésite plus à les taquiner franchement, même si eux continuent, chaque blague, à dire rapidement, « je rigole, je rigole ! », pour pas que je prenne le mal… Je suis agréablement surpris de trouver des relations aussi positives, sans ambigüités. C’est globalement le cas de toutes les relations que j’ai ici. Une cure de jouvence pour l’européen que je suis.
Le week-end dernier, les parents des étudiants étaient présents. Les événements comme celui-ci sont nombreux et avec une organisation très bien ficelée. Spectacles, diner, activités : tout roule comme sur des roulettes. Show d’un magicien dans la salle de spectacle de la fac, et bouquet final avec le match de foot américain de l’équipe de l’université. 49-0. Pour les autres. Oui, à Truman, tout marche bien, sauf l’équipe de foot.
Hier, voyage pour Columbia, à une heure et demi en voiture de notre fac. Ce n’est pas tant pour voir l’équipe de foot américain, nationalement connue et réputée. Non, juste pour le grand centre commercial, pour faire le plein d’habits pour l’hiver. Au final, je finis avec deux pantalons, un short, une paire de shoes et une casquette. Pas mal du tout.
Je suis le premier surpris, mais je crois que j’ai fait le tour de ce que j’avais en tête !
A bientôt, tenez moi au courant de tout ce qui vous arrive !
Je vous embrasse,
Sameul
lundi 22 septembre 2008
Le temps, c'est comme un cure-dent : une fois perdu, on le retrouve plus
Hey les amis!
Bon, déjà que la cadence d'un nouveau message par semaine n'était pas bien haute, si en plus je ralentis je sens que ça va gueuler !
Même si clairement j'ai rien foutu samedi, je dois avouer que j'ai beaucoup de boulot. Par exemple, j'ai rendu cette semaine en cumulé une trentaine de pages de rédaction, et j'ai lu une soixantaine de pages entre manuels et articles scientifiques !
En même temps, j'ai trouvé depuis quelques semaines une super tactique: je sais pas si certains connaissent, ça s'appelle "tenir un journal". J'écris tout ce qui m'arrive, plus quelques pistes de réflexions.
Tout ça pour dire qu'il faudra suivre ce blog dans les prochains jours. Ceux qui joueront le jeu auront le droit à choisir parmi deux lots: l'envoi par courrier de santiags de cow-boys ou d'un hamburger-McDo-super-géant-qu'on-trouve-pas-en-France !!!
A bientôt !
Samuel
dimanche 14 septembre 2008
Je suis nulle part
Je suis nulle part. 3h du matin, on ouvre les yeux, on regarde par la fenêtre et on ne sait juste pas où on est. Je me croyais en gros au milieu d’un grand pays entouré d’océans, bordé d’un pays froid et d’un pays où on porte des chapeaux pointus. Mais en fait, on regarde par la fenêtre et rien ne montre le lien entre la carte et le territoire. C’est comme le jour où on se rend compte que la sonorité « chaise » n’a absolument aucun rapport avec les bouts de bois sur lesquels nos muscles fessiers se reposent. Au passage, cette traitre de carte nous fait dire que Kirksville est petit. Rien n’est petit, c’est le monde qui est grand. Après tout, quelle est la différence de perception entre un instant passé à Paris et un instant à la Pommeraie sur Sèvre ? Rien, il y a de quoi contempler à 360°. Et à la limite, dans cette si envieuse « grande ville » qu’est NY, je vous défie d’avoir le sentiment de grandeur avec tous ces skyscrapers qui coupent à la gorge l’horizon ?
(Oui, la contemplation peut avoir un pendant révolté).
Mais y’a bien plus marrant.
Cette semaine, j’ai :
- Résolu 20 syllogismes. Par exemple, « All books in this room are mine. That book we saw in the outer hall must belong to someone else, because it is not in this room ». Je pense à mes parents : « Tous les livres dans cette chambre sont à moi. Ce livre qu’on voit dans le couloir doit appartenir à quelqu’un d’autre, parce que il n’est pas dans ma chambre ». Ahah.
- Eu mon premier A (9/10). Pourquoi ? Parce que j’ai défini un « Argument » (deux sens en anglais) comme étant « the dialogical interaction that consists of the confrontation of rational claims between individuals, as well as the rhetorical utterance of those claims » (là je traduis pas). Ohoh.
- Tenté de faire la glace la plus grande à la cafétéria, avec les machines-tu-sais-distributeur-comme-les-glaces-à-l’italienne-en-été-à-Angers. J’allais battre mon record, quand tout m’est tombé sur le poignet. Devant tout le monde. Ouhouh.
- Vu, enfin, « Le Scaphandre et le Papillon ». Non pas entre non sociables de français, mais au cinéma de Kirksville. Evénement organisé par l’association francophone de la fac. Une dizaine de films internationaux à suivre les prochaines semaines. Bref. Film incroyable, incontournable pour tout être vivant de plus 1m13 (???). Super intéressant, aussi pour voir qu’à Kirksville, il y a au moins 4 retraités qui parlent français. Ceux à qui j’ai parlé, pardi. Intéressant, aussi pour voir les réactions des ricains. C’est fascinant de voir qu’ils trouvent de quoi se marrer toutes les 30 secondes devant un film comme celui-ci. La finesse des dialogues semble être bien retranscrite dans les sous-titres anglais, mais le français de base, avec son béret et sa baguette ou les deux (ou aucuns des deux s’il est au cinéma), il sourit deux fois dans le film. Mmh mmh.
- Animé un groupe de discussion française dans un coffee shop après le film. Ils voulaient parler français, je leur ai servi la pâtée. Je pense qu’ils veulent plus en entendre parler. Je m’en veux. Ouille ouille.
- Eté réveillé par une fraternité gueulant devant ma résidence jeudi soir alors que je faisais la sieste à 21h. S’en est suivi une discussion avec la voisine de palier sur sa drôle d’idée de rentrer dans l’armée. Tout en m’avouant qu’elle ne suit pas trop la politique. Hunhun ?
- Vu à quel point la question de l’environnement est le dernier des soucis des ricains. Ordis laissés allumés la nuit, lumière aussi alors qu’il n’y a plus personne, mon roomate qui travaille à Walmart 5h par jour et qui trouve judicieux d’y retourner le soir parce que son pote n’a pas de céréales pour le lendemain matin, toutes ces pochettes plastiques, toutes ces minis bouteilles achetées par dizaines. Oh, oh.
- Kiffé ma soirée avec le trajet aller-retour sous la pluie. J’aime la pluie. C’est froid. Pl pl ? (va trouver des onomatopées avec la pluie, toi).
- Compris que l’Europe est loin d’être méprisées par ces « prétentieux » ricains. Au niveau académique, l’Europe reste la source intellectuelle, au moins pour les périodes précédant le début du jeune état américain. La Grèce antique, mais aussi les Lumières, et la philosophie récente. Plus culturellement, l’Europe, et plus précisément la France, attire beaucoup de monde. Diversité culturel, bonne bouffe (difficile de faire
plus immangeable que la « fast-food culture »), élégance, retenue.
- Vu là dedans qu’il y a un sujet un peu à part : la religion. L’avènement de l’athéisme, voire du nihilisme, caractéristique du vieux continent, n’a pas encore touché les US. L’église n’est même pas populaire, elle est simplement culturelle. Peu nombreux sont les athées (16%, m’atteste mon compagnon de petit-déjeuner). Sans être fanatiques ni même pratiquer tous les jours, quasiment tous les jeunes étudiants que je rencontre reconnaissent une église à laquelle ils sont affiliés, où ils vont parfois à la messe, ou que leurs aïeux côtoyaient déjà. Autre point important : le grand nombre de différentes églises : mormons, méthodistes…
- Eu envie de revenir sur cette question du nihilisme. La relation des américains, encore proche avec la religion explique peut-être en partie ce qu’on voit comme de l’orgueil, ce que je vois plutôt comme un esprit très entrepreneur, prétentieux dans le bon sens du terme. Le nihilisme que je remarque avec regrets en Europe explique notre tentation (souvent succombée) de croire qu’il n’y a plus de causes à défendre, qu’il est plus facile de se croire purement néant, que la voix de l’un ne vaut rien, est donc ici hors de propos, ou presque. Ici, on avance. On tente. Si le matérialisme ou l’hédonisme sont des témoins habituels d’une société nihiliste, le qualificatif devrait pourtant fonctionner ici. Mais c’est un point que je n’ai pas encore trop éclairci. Mmh mmh.
- L’intention de bouger un peu mon cul. Après la mise à l’aise nécessaire, au bout de ces 5 semaines, je me rends compte que j’ai encore d’énormes lacunes d’expression. A tel point que, même avec le temps faisant son boulot, je me vois mal revenir au pays en janvier, bilingue comme je devrais l’être. C’est à dire qu’entre mon aisance à discuter et les américains qui, par défaut, se voient surement mal reprendre toutes les 20 secondes l’expression imparfaite d’un étranger, j’évolue peu. J’en viens donc à me dire qu’un certain effort doit être réalisé maintenant. Car après un mois, l’attitude de lâcher l’attention au bout de quelques minutes de discussion, tant sur son expression propre que sur la compréhension de ce qui est dit, est rapidement devenu un (mauvais) réflexe. Promis, je vais bosser. Merci à mon colocataire de pote Connor qui veut bien me reprendre à chaque erreur de prononciation. Dans moins de 2 mois, toi, lecteur de mon super blog, comprendra pourquoi c’est un peu important. (C’est ma petite surprise).
- Découvert le Foot américain universitaire. Attention, on touche à une institution. Des types bodybuildés, à peine plus vieux que moi, dépensent 3 heures par jour sur le terrain d’entraînement pour un match chaque semaine. L’équipe de Truman n’est pas terrible, à en croire les classements, mais elle est quand même dans la seconde des trois divisions universitaires. Le haut niveau, c’est par exemple l’équipe de Mizzou, de la ville de Columbia, à une heure de Kirksville, où une bonne partie des matchs sont diffusés à la TV au niveau national, se déroulent dans des stadium ultra gigantesques, le tout pour des types de moins de 22 ans en moyenne. Et ces gars sont des superstars médiatiques. Les « Bulldogs » de Truman sont plus modestes, mais on voit la part des habitudes culturelles. Les joueurs sont repérables à 100 mètres et ils sont loin de cacher leur passion. Et pendant le match, rien ne manque pour le show : fanfare, pom-pom girls, mascotte, armée de la ville pour faire péter un canon à chaque Touchdown et un groupe d’une dizaine de soldats pour faire des pompes à chaque point marqué. Et avec ça on trouve le moyen de perdre 31-28.
- Remarqué que Bush est la risée honteuse de tout son pays. Plus personne n’oserait s’avouer défenseur du monsieur maintenant, et en même temps je ne vois pas quels pourraient être les arguments jugés recevables. Les étudiants, qui représentent certes une petite élite, sont absolument unanimes sur leur vision du président sortant. L’élection arrive à pique. Ou encore mon prof d’Argumentation qui illustre le concept de « Argumentum ad Nauseum », qui consiste dans le fait de répéter tout le temps les mêmes choses, comme étant la technique préférée du gouvernement Bush. Ouf…
- Apprécié mon côté créatif avec ces tirets. Ca c’est marrant. Hi hi hi oh oh oh ahaha hun.
Je vous aime.
Samuel
dimanche 7 septembre 2008
And it goes a little some' like this...
Salut les amis/les jeunes.
On s'est quittés la semaine dernière, à Kansas City. La fin du week-end a été très sympa, en témoigne l'histoire de poulet complètement folle qui nous est arrivée (cf. le blog de Tiphanie). Dimanche, passage obligé par le chic quartier de la Plaza. On aime ou... on aime.
Retour lundi, j'apprends que mes roomates se sont fait attrapés avec de l'alcool. Les règles sont appliquées à la lettre et sans rigoler ici. Si le personnel de la résidence a fini son travail de contrôle et de sanction, c'est maintenant à un autre service de la fac et surtout à la police de s'occuper de mes confrères... En perspective, $300 d'amende pour chacun, passage devant un tribunal spécial, obligation de suivre un cours sur les méfaits de l'alcool... Ça ne rigole pas. J'ai bien fait de ne pas être là ce week-end. A propos de mes roomates, ceux-ci sont plutôt chaleureux, et pour ainsi dire il s'agit d'un groupe de potes ; mais autant ils sont marrants, sortent, sont super cool, autant ils ne s'intègrent pas trop à la vie de la résidence, qu'ils estiment surement inintéressante ou ringarde (l'affaire de l'alcool n'a rien arrangé). Du coup, je passe un peu de temps avec eux, mais je suis loin de vraiment faire partie de leur "groupe". La relation reste très bonne, malgré quelques incompréhensions redondantes.
LA MINUTE ANTHROPOLOGIQUE !!!!
Aujourd'hui, le tour de magie qui transforme la cigarette en téléphone portable. Hun ?
Hun ?
Bon, blague à part. En fait, je lie juste deux observations que j'ai fais ici.
Uno, personne ne fume. Ça fait bizarre de passer des journées entières sans voir de personnes fumer. Alors, Quid des USA comme étant le premier pays fumeur du monde, avec toutes les histoires de politiques, de lobbies and co.? La réponse est peut-être que, étant dans un campus, le pourcentage de fumeurs est plus restreint. A vrai dire, les seuls fumeurs que je connais sont un français et un népalais... Un autre élément de réponse est qu'en France, on passe la journée avec les mêmes personnes : arrivée en cours, cours, pauses, cours, déjeuner, cours, pause, cours, etc., avec la soirée typique dans un appart'. Ici, non seulement on ne côtoie pas ses collègues de cours (les cours sont en fait choisis dans un panel tellement grand qu'il n'y a pas vraiment de "promo" ou de "sous-groupes, etc.), mais en plus les soirées ont souvent lieu dans les résidences, où, bien sûr, il est interdit de fumer. On m'a aussi expliqué qu'il y a depuis quelques années une politique de santé assez effective aux USA concernant le fait de fumer dans les lieux publics.
Deuxio, l'usage des téléphones portables (cell phones). Évidemment, tout le monde a un téléphone. Personne n'a le-simple-téléphone-qui-fait-juste-téléphone. Tout le monde a le web, en général sur un Blackberry ou un truc du genre, ou, de plus en plus, sur un iPhone. La technologie importe peu, le plus marquant est l'usage. Les gens sont tout le temps au téléphone. Tout le temps. Je demande à un de mes copains le crédit qu'il a, il m'explique que pour $100 dollars par mois, il a les appels illimités le soir ou le WE (ou les deux), SMS illimités, web illimité et "seulement" 1300 minutes de communication... Oui, plus de 20 heures. Peut-être que mon pote - Theo - est un cas extrême, mais il me semble que la plupart des gens sont pas trop loin de ça. L'autre soir, j'ai parlé avec lui pendant une heure, alors qu'il était au téléphone avec sa copine en même temps. Il ne lui a rien dit pendant tout ce temps, et je suppose qu'elle non plus. Je lui demande pourquoi il passe tant de temps au téléphone, il me répond que c'est gratuit. Logique : je fais quelque chose non pas parce que j'en ai envie ou besoin, mais parce que je peux le faire. C'est marrant. (J'ai mon humour bien à moi)
(Ricanez pour que je ne me sente pas seul)
(S'il vous plait)
(Merci)
REVENONS A NOS MOUTONS
Je passe mes jours "off" (mardi et jeudi) à essayer de gérer au mieux mon temps pour faire mon "homework" qui demande beaucoup de temps. Pour l'instant, uniquement des lectures mais les rédactions, travaux à rendre ainsi que les examens en cours arrivent bientôt. Je navigue entre stress de jamais avoir le temps de faire ce qui m'est demandé - vu comment je lis lentement - et confiance retrouvée, quand, finalement, à 2h du matin, tout est à peu près fait. Mon aisance en langue en est clairement améliorée. Mes aptitudes orales restent limitées (j'ai encore l'impression de pas tout comprendre et, surtout, de souvent être incompris), mais ça viendra avec le temps. La lecture est de plus en plus rapide, même si là encore il y a des efforts à faire. Le plus marquant, c'est probablement les phrases que je me vois écrire sur mon ordinateur. Mon aisance à l'écrit est clairement améliorée, et j'attribue ça aux nombreuses lectures que je fais. En atteste, peut-être, la rédaction-promotion de 6 pages en faveur de la tradition phénoménologique dans les études de communication que j'ai bouclée sans trop de difficulté tout à l'heure. C'est certainement pas parfait, mais je ressens vraiment une plus grande facilité à utiliser des structures de phrases plus complexes ainsi que du vocabulaire plus précis. C'est plutôt utile quand on s'exprime dans une discipline où l'enjeu est de disserter sur la façon dont les autres communiquent...
Quelques trucs auxquels je pense...
- Les profs sont au moins autant pointilleux sur les questions de propriété intellectuelle qu'en France (citation, Internet, etc.). Ici, les sanctions sont même plus sévères.
- Même s'il m'arrive d'aller à la bibliothèque (surtout au niveau des fauteuils-avec-repose-tête-sur-le-côté-pour-la-sieste), il est assez agréable de bosser, lire ou juste trainer dans la résidence. Les multiples lounges permettent de changer d'air souvent. Il existe aussi plusieurs salles d'étude par étage.
Bon, les amis, je vous propose un jeu. Un américain aurait appelé ça (à dire avec enthousiasme, en criant un poil trop fort dans le micro) : "Have fun with Samuel!!!!".
Non, en fait, je suis emmerdé par les heures de rushs de vidéo que j'ai sur le dos. Je vous propose donc de me préciser ce qui vous intéresse parmi les suivants :
- Visite du campus, discours d'introduction
- Cérémonie d'accueil pour les freshman
- "Montage" (comédie musicale)
- Bowling international, foot américain by night et soirée
- Soirée "on-regarde-Batman-à-la-TV-car-on-a-téléchargé-une-version-piratée"
- Soirée Train (effrayant) & "Pancake City"
- Basket au Rec
- Soirée "on-regarde-300-et-cette-fois-çi-c'est-le-DVD"
- Trucs (ca veut dire que je ne sais plus ce que c'est)
- Week-end Kansas City
- Annif Sarrah
Les premiers arrivés seront les premiers servis !
Je vous aime.
Samuel
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